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Argumentaire

  Les Compagnons, combattants de la Grande Guerre, espéraient que l’Union sacrée, acquise dans la boue des tranchées, dans le sang et dans le don de soi à l’intérêt supérieur de la nation, prolongerait ses effets dans la paix, en faveur d’une réforme totale de ce qu’ils nommaient l’Université, au sens où nous disons aujourd’hui système éducatif.

Une réforme démocratique, c’était une réforme qui devait mettre fin à la séparation des scolarités entre deux ensembles trop étanches : l’école primaire gratuite et ses classes primaires supérieures pour les enfants du peuple, et l’ordre secondaire payant, fondé par Napoléon 1re, autour d’un lycée précédé de ses classes élémentaires pour les enfants de la bourgeoisie, celui-là seul ouvert vers l’enseignement supérieur. Les Compagnons voulaient fonder une Université nouvelle, juste et efficace, depuis l’école unique pour tous les enfants de toutes origines, jusqu’aux formations supérieures. L’équité sociale servirait l’efficacité économique en faveur de la patrie à reconstruire.

Mais les Compagnons ont évolué. Ils n’étaient que 7 en 1917, au moment de leurs premiers articles. Plus tard, ils ont connu plusieurs influences, les unes extérieures à leur groupe, politiques, syndicales, associatives et confessionnelles, les autres internes, comme la croissance et le renouvellement de leurs effectifs, l’arrivée de membres de la communauté scientifique de leur temps – psychologues, physiciens, notamment, qu’on retrouvera dans l’entourage de Jean Zay. À la fin de leur activité, au début des années trente, l’Université nouvelle des débuts a connu de véritables bouleversements sur des points sensibles du projet de démocratisation de l’institution scolaire : la culture scolaire (notamment la place des sciences et des techniques), la fonction de ce qu’on appellera plus tard l’école moyenne, entre l’école primaire et le lycée, autour de l’idée du cycle d’orientation l’orientation vers la vie professionnelle et vers les formations supérieures, l’émancipation des enfants issus de milieux populaires, l’égalité des filles et des garçons, la solidarité et l’unité du corps enseignant.

Thématiques

Le colloque peut intéresser les historiens, sociologues, philosophes de l’éducation, pédagogues, acteurs, administrateurs de l’éducation, qui ont étudié les évolutions anciennes et plus récentes de l’éducation voire son actualité présente, autour des questions que les Compagnons de l’Université nouvelle avaient considérées comme fondamentales pour adapter les institutions scolaires et universitaires de leur époque aux exigences de l’heure. Le présent colloque abordera :

I. L’histoire de la période d’activité des Compagnons (1917 – 1933) qu’on ne doit pas considérer comme strictement bornée. Des incursions sont possibles en amont de cette période, depuis le début du XXe siècle, et en aval, jusqu’à la fin des années trente, voire jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en incluant l’Occupation.

Les Compagnons ont déjà fait l’objet de travaux historiques. Mais de nombreux point mériteraient d’être approfondis ou précisés :

* Approches prosopographiques : Les Compagnons de l’université ont représenté un groupe humain large, touchant des centaines de personnes. Quels en sont les aspects saillants ? L’approche prosopographique visera une étude collective des Compagnons de l’université et de leurs caractéristiques. Sans exhaustivité, ces études peuvent porter sur les effectifs, l’âge, le genre, la géographie, la profession, les parcours, les appartenances associatives, institutionnelles ou militantes, les réseaux de sociabilité de ce groupe.

* Approches internationales : interactions entre les systèmes éducatifs ; influences internationales subies et originalités avérées de l’l’Université nouvelle dans le monde, au temps de l’activité des Compagnons (en remontant quelques décennies aussi en arrière pour en préciser les conditions d’émergence), influence éventuelle des Compagnons sur d’autres pays.

Les contributions pourraient intégrer trois dimensions : il s’agirait d’évaluer

* Approches socio-économiques : la réception de l’Université nouvelle dans les milieux politiques, professionnels, syndicaux, confessionnels, associatifs. On s’attachera à mesurer l’importance des groupes d’intérêts économiques et sociaux (partis politiques, médias, religions, etc.), au regard des inflexions qu’a connues leur doctrine.

* Approches politiques : quel fut l’impact réel de l’Université nouvelle sur les réformes entreprises durant la période de leur activité, en prolongeant jusqu’au ministère Jean Zay ?

* Approches pédagogiques : quels furent les liens entre les Compagnons et les mouvements pédagogiques de l’entre-deux-guerres ? Quelle(s) pédagogie(s) pour l’école unique ?

* La mémoire des Compagnons. Deux entrées sont possibles :

II. La postérité de l’Université nouvelle. Une table ronde regroupera des intervenants qui s’attacheront à analyser l’évolution des concepts développés par les compagnons, leurs occurrences et significations ultérieures et celles qu’on leur prête. Les orateurs s’efforceront de comprendre pourquoi un concept apparaît et réapparaît, en cherchant à travailler les questionnements proposés en termes de ré-interrogation, sans y voir un continuum qui ne serait pas historiquement justifié.

  La table ronde abordera le thème de l’orientation des élèves jusqu’à leur entrée dans la vie active, qui entretient des liens systémiques avec ceux de la continuité éducative et du suivi des aptitudes et/ou des compétences. Il était au cœur du projet de l’Université nouvelle.

« … à la base, l’école unique. Elle acheminera l’élève, d’une part aux humanités, d’autre part à l’enseignement professionnel, qui tous deux se rejoindront dans l’enseignement supérieur. » (Les Compagnons, L’Université nouvelle, 1918, B. Garnier [éd.], Lyon, INRP, 2008, p. 40).

« … le maître s’attachera à discerner les aptitudes, à épier les dispositions naturelles de l’enfant. De onze à quatorze ans, celui-ci, placé en face de réalités nouvelles, se révélera, aussi bien dans le domaine technique que dans le domaine intellectuel. Profitons de ces années précieuses pour éviter aux enfants les faux aiguillages et les aider à découvrir leur vocation. » (Ibid., p. 205).

« Nous considérons l’école unique comme la préparation générale de tous les jeunes esprits, non à l’exercice, mais à l’apprentissage d’une profession. Le très grand et très beau rôle qu’elle a à remplir est de faire des intelligences non pas instruites, mais ouvertes. » (Les Compagnons, L’Opinion, Journal de la semaine, 8 février 1919, p. 109).

Ce thème donnera lieu à une série d’interventions qui présenteront chacune une ou deux idées promues en la matière par les Compagnons avant d’être interrogées sur la manière dont elles ont pu se transformer, se vulgariser voire être dévoyées par la suite, jusqu’à nos jours, le cas échéant.

Consigne aux auteurs

Chaque proposition de communication comportera un titre suivi d’un court résumé (2 000 signes maximum, espaces compris) dans lequel l’auteur mettra en évidence le lien entre le thème qu’il souhaite aborder et la problématique générale du colloque. Ce résumé fera explicitement référence aux écrits, activités et autres publications des Compagnons. À cet effet, l’auteur indiquera les références bibliographiques et les sources archivistiques mobilisées dans le cadre de son étude.

En outre, chaque communicant mentionnera son nom, prénom, qualité, établissement d’exercice, laboratoire de rattachement principal, téléphone, adresse postale et adresse électronique.

Les propositions de communication devront être transmises au CUIP par courriel à l’adresse cuip@cuip.fr.

Toutes les communications seront examinées anonymement par le comité scientifique.

Un ouvrage sera publié à partir des communications retenues à l’issue de ce colloque.

Calendrier

Date limite pour l’envoi des propositions de communication : 15 octobre 2018.

Réponses aux auteurs : 15 novembre 2018.

Inscription

L’inscription à ce colloque international est obligatoire.
Elle est gratuite dans la limite des places disponibles.
Elle se fait par courriel à l’adresse cuip@cuip.fr.
Aucun accès à ce colloque ne sera autorisé sans inscription préalable.
Les intervenants qui en feront la demande pourront être hébergés au CIEP de Sèvres.

Comités

Comité scientifique
Comité d'organisation